Accueil des réfugiés à Paris, enfin !

Publié le par Laute Alain

Ils seront accueilli là-dedans.Ils seront accueilli là-dedans.

Ils seront accueilli là-dedans.

Le camp de réfugiés

de la Ville de Paris sort de terre

6 septembre 2016 | Par Carine Fouteau extraits.

Anne Hidalgo a présenté le futur centre d’accueil des réfugiés de Paris. Conçu pour abriter 400 hommes pendant dix jours maximum, il est situé près de la porte de La Chapelle. Mediapart a pu le visiter avant l’ouverture prévue.

Après un mois d’août où les migrants ont été pourchassés dans les rues et certains militants interpellés, la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui fait savoir que les opérations de la préfecture de police ne sont pas de sa responsabilité, présente mardi 6 septembre les détails du camp de réfugiés qui doit ouvrir ses portes « fin septembre-début octobre ».

Évoqué au printemps 2015, alors que débutait l’un des exodes les plus importants que l’Europe ait connus depuis la Seconde Guerre mondiale, ce lieu financé par la Ville et l’État, encore en travaux, est une première en France. Il représente un budget d'investissement de 6,5 millions d'euros pris en charge à 80 % par la Ville, un budget de fonctionnement de 2,7 millions par an pour l'accueil de jour réparti à parts égales et un budget de fonctionnement de 5,8 millions par an pour l'hébergement, entièrement financé par l'État.

Seule une autre ville, Grande-Synthe (Nord), a déjà expérimenté un centre d’accueil dédié exclusivement aux migrants arrivants sur le territoire. Situé boulevard Ney, à proximité du périphérique, près de la porte de La Chapelle, dans un ancien hangar de stockage de la SNCF, le camp parisien devrait accueillir 400 personnes. À ce site conçu pour héberger des hommes seuls, devrait s’ajouter un second (de 400 places également), localisé à Ivry (Val-de-Marne), en bordure de Paris, pour recevoir les femmes et les familles (l’ouverture est prévue d’ici la fin de l’année).

Cette structure « humanitaire » aux normes internationales, qui ne connaît pas d’équivalent au vu des catégories administratives existantes, repose sur un protocole qui doit être signé entre la mairie et l’État. Comme il est prévu que les personnes soient logées entre une semaine et dix jours, pas plus, elle n’a de chance de fonctionner que si la puissance publique, compétente en matière de logement des demandeurs d’asile et de mise à l’abri des personnes sans domicile, parvient rapidement à mettre à disposition des migrants le nombre de places nécessaire dans les dispositifs de droit commun. Sinon, le retour à la rue est inévitable.

Selon diverses estimations, entre 50 et 70 migrants débarquent chaque jour à Paris, après, le plus souvent, être arrivés en Europe via l’Italie. Venus de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique de l’Ouest pour la plupart, ils ont traversé le Sahara, puis la Méditerranée au péril de leur vie, avant d’être pris en charge par des sauveteurs et d’accoster à Lampedusa ou ailleurs en Sicile. Leur trajet les a conduits à Vintimille, où ils ont pu être bloqués à la frontière, avant de parvenir à passer en France.

Depuis un an et demi, à Paris, les arrivées sont gérées par à-coups : en l’absence de dispositif d’accueil, les réfugiés, pour certains déterminés à aller en Grande-Bretagne, pour d’autres indécis, s’installent où ils peuvent, c’est-à-dire sur les trottoirs de la capitale. Ils se regroupent jusqu’à former des camps de fortune. À chaque fois, la situation se répète : les conditions de vie se dégradent tellement que les autorités finissent par intervenir lors d’évacuations au cours desquelles les tentes sont détruites et des places d’hébergement proposées dans des centres d’urgence. Depuis la première expulsion, le 2 juin 2015, une trentaine de campements ont ainsi vu le jour et disparu, principalement dans les XVIIIe et XIXe arrondissements, où des barrières sont érigées pour empêcher les réinstallations.

Le nouveau camp « humanitaire » de la porte de La Chapelle est censé éviter ce phénomène. Et servir de sas vers les structures existantes : soit, pour celles et ceux déposant une demande d’asile, vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO), créés à l’origine pour « désengorger » la « jungle » de Calais, en attendant d’obtenir une place dans les centres d’accueil des demandeurs d’asile (Cada), soit, pour les autres, vers les structures d’urgence.

Lors de son déplacement à Calais, le 2 septembre, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a souligné les moyens dégagés par les pouvoirs publics, tout en promettant le « démantèlement total » du bidonville de cette ville du littoral : selon les chiffres officiels cités dans un entretien à Nord Littoral, 2 000 places supplémentaires devraient être créées dans les CAO, ainsi que 6 000 dans les Cada d’ici la fin de l’année, et 5 000 dans les centres d’hébergement d’urgence en 2017.

Tout le pari réside dans l’articulation entre ces dispositifs. En cas de défaillance d’un des maillons de la chaîne, l’ensemble s’écroule. « L’enjeu, c’est la fluidité », résume Dominique Versini, en première ligne en tant qu’adjointe chargée des questions de solidarité à la mairie de Paris. « Nous prévoyons d’ouvrir 400 places dans un premier temps, mais la logique est celle de la mobilité : nous pouvons monter à 800 ou 1 000 places si besoin », précise-t-elle..."

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