Il perd son oeil lors de la manif

Publié le par Laute Alain

Loi travail. Un militant perd un oeil dans la

manifestation parisienne

 

Samedi, 17 Septembre, 2016 Humanite.fr.

Le militant de Sud-Solidaires grièvement blessé à l'oeil jeudi lors de la manifestation parisienne contre la loi travail et qui a perdu en partie la vue, a porté plainte contre les forces de l'ordre.

"Je vais moi-même porter plainte. Je vais tout faire pour que justice soit faite", a déclaré ce militant, Laurent Theron au micro de BFMTV. L'homme de 46 ans, secrétaire médical à l'hôpital Albert-Chenevier de Créteil, "a vraisemblablement reçu au visage un morceau d'une grenade lancée par les forces de l'ordre", écrit Solidaires dans un communiqué, dénonçant un "usage disproportionné" de la force. "Malheureusement, malgré les soins prodigués cette nuit à l'Hôpital Cochin", il "a perdu l'usage de son oeil", poursuit l'union syndicale. "L'IGPN (Inspection générale de la police nationale) s'est déplacée ce samedi à l'hôpital (Cochin). Il a été entendu pour déposer plainte", a annoncé Julien Pignon, avocat de ce militant.

"Mon oeil a éclaté sous le choc"

Laurent Theron, qui s'était syndiqué en avril et dont il s'agissait de la "deuxième manifestation contre la loi travail" aux côtés de SUD-Santé, a expliqué qu'il avait été atteint à l'oeil au moment où le cortège arrivait place de la République pour la fin de la manifestation". "J'avais les mains dans les poches (...) D'après le chirurgien qui m'a opéré, vu l'ampleur des dégâts, le tir était tendu et il devait venir de près", a-t-il précisé, cité par le site internet du journal Le Monde. "Mon oeil a éclaté sous le choc". "Quand on est arrivé, on a entendu quelques pétards, on a vu les CRS qui commençaient à se positionner. Mais le cortège était loin d'être arrivé. Des jeunes se sont mis en place aussi, sans doute ceux qui lançaient des pétards. J'ai vu des lacrymogènes et des jeunes qui les renvoyaient à coups de pied", a-t-il encore raconté. "Il y a eu une première charge des CRS et puis une deuxième. J'ai vu que ça commençait à se rapprocher et je me suis dit: Ii vaut peut-être mieux que je sorte. Une colonne de CRS est passée derrière le skatepark de la place, j'ai entendu boum et j'ai senti mon oeil exploser", a-t-il ajouté.

Les sept syndicats demande une enquête parlementaire

Selon le communiqué de Solidaires, qui fait état de "multiples témoignages", "rien ne justifiait de faire usage de la force" à l'encontre du militant, qui "discutait comme beaucoup d'autres personnes autour de lui en fin de manifestation" sur la place de la République. "Il n'y avait à proximité aucune action à l'encontre des forces de police. Pourtant, (elles) ont lancé une charge accompagnée de tirs massifs de grenades lacrymogènes, de grenades désencerclantes et de flash ball", relate Solidaires, qui "dénonce avec force" leur "usage disproportionné". L'union syndicale exige que "les responsables de la mutilation (...) répondent de leurs actes" et demande à nouveau, avec les autres syndicats (la CGT, la FSU, le SAF, la LDH, la FIDL et l’UNL), "l'ouverture d'une enquête parlementaire sur les choix opérés par le ministère de l'Intérieur depuis le début de la mobilisation contre la loi travail".

 

Publié dans Politique

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