Les supers héros à RIO

Publié le par Laute Alain

l’époustouflant pongiste égyptien ibrahim hamadtou et deux dessins de KARAKl’époustouflant pongiste égyptien ibrahim hamadtou et deux dessins de KARAKl’époustouflant pongiste égyptien ibrahim hamadtou et deux dessins de KARAK

l’époustouflant pongiste égyptien ibrahim hamadtou et deux dessins de KARAK

Jeux Paralympiques 2016.

Le sport comme ligne de vie

 

Frédéric Sugnot Lundi, 12 Septembre, 2016 L'Humanité

Au quatrième jour de la compétition internationale, au-delà de la performance, c’est la force de résilience des athlètes qui impressionne.


À Rio, les enceintes des jeux Paralympiques sonnent souvent creux, sauf au stade aquatique, où les Cariocas s’animent chaque fois que plonge Daniel Dias, six fois médaillé d’or à Londres en 2012. Samedi, au troisième jour de la compétition, le nageur de 28 ans s’est adjugé le bronze en finale du 50 mètres nage libre. Déjà médaillé d’or et d’argent, il participera encore à six épreuves, avec l’ambition de devenir le nageur le plus médaillé de l’histoire du handisport.

Le jeu des comparaisons

De quoi relancer encore le jeu des comparaisons avec la star des derniers Jeux des valides, l’Américain Michael Phelps, l’olympien le plus prolifique : 28 médailles – dont 23 en or – en cinq participations aux Jeux d’été. Mais le Brésilien, né avec une malformation congénitale qui l’a laissé sans mains et avec une seule jambe, veut exister pour lui-même : « Je suis Daniel Dias, je veux construire mon propre espace », a-t-il répété aux médias qui l’interrogeaient à peine sorti du bassin de Barra.

Construire ou reconstruire sa propre ligne de vie grâce à l’activité sportive, c’est le leitmotiv de la majorité des athlètes handisport. « Le sport est un extraordinaire terrain de résilience, soutient le psychologue du sport Hubert Ripoll, auteur de l’ouvrage la Résilience par le sport (1). Il permet à la personne handicapée de se réapproprier les potentialités de son corps, de s’accomplir dans une démarche de progrès, d’affirmer sa singularité de sportif, de restaurer l’estime de soi et la confiance en soi. » Même lorsque certains partent de très loin, comme le pongiste égyptien Ibrahim Hamadtou.

Après avoir perdu ses deux bras dans un accident de train à l’âge de 10 ans, il est « resté silencieux chez lui pendant trois ans. Sans oser sortir », a raconté à Rio son entraîneur. Trente-trois ans plus tard, Hamadtou a laissé bouche bée la scène des jeux Paralympiques en jouant avec sa raquette serrée entre les dents et en servant du bout des orteils. Sans victoires au bout du compte, mais peu importe. « Je suis juste heureux d’avoir affronté des champions, a-t-il confessé. Ce que je ressens est inexplicable. »

Heureux mais pas toujours, comme la Belge Marieke Vervoort, médaille d’argent du 400 mètres en fauteuil, samedi. La sprinteuse de 37 ans, atteinte d’une maladie dégénérative incurable qui lui paralyse les jambes, jettera l’éponge à l’issue de la compétition carioca. « Je sens que mon corps n’en peut plus », a-t-elle confié aux médias belges. Avant les Jeux, elle avait ému l’opinion publique outre-Quiévrain en expliquant avoir prévu son euthanasie. Une histoire qui a fait le tour du monde, l’obligeant, hier à Rio, à organiser une conférence de presse face à l’empressement des médias internationaux : « Partout dans le monde, on pense qu’on pratiquera l’euthanasie sur moi après les Jeux, a-t-elle clarifié. Ce n’est absolument pas ainsi. » Pour le moment, son chemin continue, et elle devrait être au départ du 100 mètres cette semaine. Elle pense aussi à ouvrir prochainement un musée « Wielemie », son surnom. Une autre ligne de sa vie.

 

l’époustouflant pongiste égyptien ibrahim hamadtou

 

 

Publié dans Société

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