Colombie : souffle de chaud et de froid

Publié le par Laute Alain

Le Président Colombien Prix Nobel de la Paix 2016, mais son pays vote contre l'accord !?!?!?

Le Président Colombien Prix Nobel de la Paix 2016, mais son pays vote contre l'accord !?!?!?

Le Nobel récompense le processus de paix

en Colombie

Vendredi, 7 Octobre, 2016 Humanite.fr

 

Le prix Nobel de la paix a été attribué ce vendredi au président colombien Juan Manuel Santos. Le prestigieux prix encourage l’accord de paix conclu avec les Farc, mais rejeté d’un cheveu par les Colombiens.

"Il y un vrai danger que le processus de paix s'interrompe" a estimé le comité Nobel, motivant ainsi le choix d’accorder le prestigieux prix au président de droite Juan Manuel Santos.
L'accord a été rejeté de justesse par la population colombienne dimanche mais "le fait qu'une majorité des votants ait dit non à l'accord de paix ne signifie pas nécessairement que le processus de paix est mort", a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Kaci Kullmann Five.

Extrait du communiqué du Nobel. "En décernant le prix de la paix cette année au président Juan Manuel Santos, le Comité Nobel norvégien souhaite encourager tous ceux qui s'efforcent de parvenir à la paix, la réconciliation et la justice en Colombie. Le président lui-même a été très clair pour dire qu'il poursuivra son travail pour la paix jusqu'au tout dernier jour de son mandat. Le Comité espère que le prix de la paix lui donnera la force de réussir cette tâche exigeante. De plus, le Comité nourrit l'espoir de voir dans les années à venir le peuple colombien récolter les fruits du processus de paix et de réconciliation en cours. C'est seulement à ce moment-là que le pays pourra s'attaquer efficacement aux grands problèmes tels que la pauvreté, l'injustice et la criminalité liée au trafic de drogue. La guerre civile en Colombie est l'une des guerres civiles contemporaines les plus longues et le seul conflit armé qui subsiste sur le continent américain. La conviction profonde du Comité Nobel norvégien est que le président Santos, malgré la victoire du 'non' au référendum, a fortement rapproché ce conflit sanglant d'une conclusion pacifique, et que la plupart des bases ont été posées à la fois en vue du désarmement vérifiable des guérilleros des Farc et un processus historique de fraternisation et de réconciliation nationales. Ses efforts pour promouvoir la paix se conforment donc à la lettre et à l'esprit du testament d'Alfred Nobel".

Les pourparlers ont repris autour de Juan Manuel Santos mais les partisans du « non » à la paix sont au cœur des négociations, dont Uribe, alors que les Farc ne seront mis aux courant du progrès des discutions qu’après coup, et à distance. Le cessez-le feu expire d’ailleurs le 31 octobre.
L’insurrection a une nouvelle fois réaffirmé qu’elle ne reprendrait pas les armes. Une grande marche pour la paix est prévue le 14 octobre.

Juan Manuel Santos, 65 ans est issu d'une famille de la haute société de Bogota, a débuté en politique en 1991. D'abord journaliste, il avait remporté le prix du roi d'Espagne pour ses chroniques sur la révolution sandiniste au Nicaragua. Ce travail "nous a profondément marqués", a-t-il dit un jour à propos de cette investigation menée avec son frère Enrique, autre acteur clé du processus de paix entamé officiellement avec les Farc en 2012 mais officieusement dès 2010.
Lorsqu'il a fait son entrée au palais présidentiel Casa de Nariño, cet homme politique fondemmentalement de droite se définit comme d'"extrême centre". Il avait menée une guerre impitoyable contre les Farc alors qu'il était ministre de la Défense de son prédécesseur ultradroitier Alvaro Uribe. L'attribution du Nobel ce vendredi lui apporte toutefois un soutien solide et symbolique pour la suite de ses efforts de paix
.

 

Colombie: victoire du "non"

aux accords de paix.

 

Jean Ortiz Lundi, 3 Octobre, 2016 Humanite.fr

Terrible nouvelle. Le "non" au référendum de ratification des accords de paix l' a emporté, de peu, mais a obtenu 50,22% des voix des votants.

Faut-il que la société colombienne soit clivée pour que des accords historiques, après un demi siècle de violence (plus de deux millions de morts et six millions de "déplacés") n'aient pas obtenu l'aval populaire? La campagne pour le "oui" a davantage mobilisé l'opinion internationale que le peuple colombien. L'ex président Uribe, d'extrême droite, a mené une campagne de haine et de peur contre les accords et menti à propos notamment de "l'impunité" des guérilleros.

 

Plus de 50% des votants ont répondu "non" à la question: "soutenez -vous l'accord pour la fin du conflit et la construction d'une paix stable et durable ?" Que vont faire le président Santos et les FARC-EP qui ont "misé gros", dans une situation imprévue, complexe et très dangereuse? Le "oui" aurait ouvert la voie à la paix mais aussi à des changements importants du modèle néo-libéral, à commencer par la réforme agraire, actée dans les accords au terme de quatre ans de négociations à La Havane...Les élites l'ont compris et se sont battues mordicus contre cette prétendue "capitulation" devant "la révolution"...La majorité du peuple, soumise à une véritable propagande de guerre et de guerre lasse, ne s'est pas impliquée avec la détermination nécessaire. Un "retour en arrière" risquerait de replonger le pays dans un bain de sang.

 

Publié dans Politique

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