Le PCF prépare les primaires à gauche

Publié le par Laute Alain

Le PCF croit toujours à la vertue des primaires. Chat échaudé ne craint plus l'eau froide.

Le PCF croit toujours à la vertue des primaires. Chat échaudé ne craint plus l'eau froide.

Le PCF mène l’enquête auprès des

 

citoyens

 

Julia Hamlaoui Vendredi, 7 Octobre, 2016 L'Humanité

 

Alors que le Parti communiste doit livrer ce week-end les résultats de son questionnaire « Que demande le peuple ? », à Grigny ses militants recueillaient il y a quelques jours l’avis de leurs concitoyens. Reportage.


Table pliante installée, questionnaires et affiches « Que demande le peuple ? » bien en vue, dans le va-et-vient des voyageurs de cette gare de l’Essonne, des discussions s’installent au pied du quartier Grigny 2. Les militants communistes de la ville proposent à leurs concitoyens de participer à la « grande consultation citoyenne » engagée il y a quelques mois par le PCF et dont les résultats doivent être livrés ce samedi à Paris (lire encadré). L’objectif ? « Permettre aux citoyens d’exprimer leurs attentes, d’être acteurs de la vie politique, de déjouer les scénarios établis pour les prochaines échéances électorales de 2017. »

Renouer avec le progrès social, l’espoir et les abstentionnistes

Ce dernier jeudi de septembre devant la gare grignoise, un habitant de Courcouronnes passe sans s’arrêter mais en interpellant les militants : « Vous êtes des diviseurs. » Il accepte finalement de faire quelques pas en arrière. La colère est grande : « Je suis un déçu du hollandisme. J’en suis réduit à aller voter Juppé à la primaire de la droite pour ne pas avoir un second tour Sarkozy-Le Pen. Mais, Juppé, il ne faut pas se tromper, ce n’est pas un enfant de chœur », lance-t-il, persuadé que c’est de l’intérieur du PS qu’il faut agir au risque sinon de « contribuer à diviser la gauche ». Ce qui n’empêche en rien cet ancien du MJS de fustiger la « trahison » du gouvernement et d’envisager de ne pas aller voter au premier tour. Les militants, eux, argumentent sur la nécessité du rassemblement de la gauche en rupture avec la politique du gouvernement pour renouer avec le progrès social, l’espoir et les abstentionnistes. Finalement, le déçu du PS repart avec un questionnaire sous le bras et la promesse de le remplir. « Ici, 72 % des gens ont voté Hollande au second tour en 2012. Il faut qu’on fasse bouger les choses, sinon chacun finira par dire “je laisse tomber, je m’occupe de mes petites affaires”. Et, pendant ce temps, 1 % de la population continuera d’amasser plus que les autres 99 % », constate Amadou Deme, responsable départemental du PCF, avant d’entamer une nouvelle discussion.

Au-delà de la politique gouvernementale et des promesses non tenues, au fil des échanges, c’est dans le quotidien que s’ancrent les déceptions et les attentes. « Sans emploi ni aide sociale, je ne vois pas comment on peut s’en sortir. Moi j’ai été intérimaire pendant deux ans et à la fin c’est comme si je n’avais jamais travaillé », constate un Grignois en inscrivant dans le formulaire jaune ses « préoccupations » : « travail, santé… et sécurité ». « Pour une fois, on leur adresse la parole pour leur demander quelles sont leurs priorités dans une société où on a du mal à se soigner, se loger, se nourrir… Ici, Casino ferme, il n’y a pas de commissariat de plein exercice », relate Fabien, un militant communiste persuadé que « parler des problèmes du quotidien est un point d’appui pour construire un projet de société ». D’ailleurs, en plus du questionnaire, une pétition contre l’augmentation du titre de transport francilien est proposée à la signature devant la gare de Grigny, de quoi interpeller une habitante du quartier « pas trop politique », mais partante pour signer car « aller à Paris, ce sera bientôt impossible ».

 

Publié dans Politique

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