Le terroriste est un lâche, rien de surprenant

Publié le par Laute Alain

Ils le laissent tomber c'est tout ce qu'il mérite, l'isolement total c'est ce qu'il veut.

Ils le laissent tomber c'est tout ce qu'il mérite, l'isolement total c'est ce qu'il veut.

Les avocats de Salah Abdeslam renoncent

à défendre leur client

Le Monde.fr avec AFP | Par Jean-Baptiste Jacquin et Elise Vincent

 

En France, être défendu par un avocat est un droit. Pas une obligation. Les deux conseils de Salah Abdeslam ont annoncé, mercredi 12 octobre, qu’ils renoncent à le défendre, précisant que le seul survivant des commandos terroristes des attentats du 13 novembre 2015 a écrit au juge d’instruction pour l’informer qu’il ne souhaite plus être représenté.

Dans deux entretiens à L’Obs et à BFM-TV, les avocats lillois Frank Berton et belge Sven Mary justifient leur décision par le « refus de parler» du détenu le plus surveillé de France. M. Abdeslam, détenu depuis le 27 avril à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), après avoir été arrêté dans la banlieue de Bruxelles, le 18 mars, « a choisi de se murer dans le silence ». Dès lors, explique M. Berton, « mon rôle cesse, il n’a plus de sens ».

Pourtant, lors de sa première audition en France, le jeune homme de 27 ans avait indiqué, selon son avocat, qu’il s’exprimerait au sujet de sa participation aux attentats qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis. Depuis, il se tait. « Salah Abdeslam abandonne. C’est comme un suicide, je le crains », analyse M. Berton dans « L’Obs ».

Les deux avocats expliquent cette réaction par les conditions de détention et la vidéosurveillance vingt-quatre heures sur vingt-quatre de Salah Abdeslam. Elles relèvent de la « torture psychologique », accuse M. Mary. « La prison est en train de [le] transformer en bête sauvage », surenchérit son avocat français. Salah Abdeslam refuse la stratégie de défense qui lui est proposée.

La justice pense que Mehdi Nemmouche, soupçonné d’être l’auteur de l’attaque contre le musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014, a peut-être un rôle dans l’attitude de Salah Abdeslam. Lors de son passage en prison, en Belgique, celui-ci a en effet pu échanger par fenêtres interposées, avec Mehdi Nemmouche.

Au final, il n’a parlé qu’une seule fois aux enquêteurs. Le 19 mars, le lendemain de son interpellation et alors que les attentats de Bruxelles n’avaient pas encore eu lieu. Il lâche peu de chose, ce jour-là, mais confirme avoir été celui qui a loué les voitures et réservé les hôtels. Celui aussi qui a été le chauffeur des trois kamikazes du Stade de France. Il aurait dû s’y faire exploser, déclare-t-il, mais a renoncé. Lors de cet interrogatoire de garde à vue, il rejette principalement la responsabilité sur son frère aîné, Brahim, mort en kamikaze au Comptoir Voltaire, et présente Abdelhamid Abaaoud comme le cerveau des attentats.

Depuis, l’enquête a progressé, et cette première version des faits montre chaque jour ses limites et ses incohérences. On ne sait toujours pas, par exemple, si Salah Abdeslam a renoncé à se faire exploser, ou si sa ceinture était défaillante. Lors de l’un de ses derniers interrogatoires, le 9 septembre, le juge d’instruction a, malgré son mutisme, minutieusement pris le temps de lui lister l’intégralité de ses questions. En vain. Seule phrase prononcée par le jeune homme : « Comme je vous l’ai dit Monsieur, je désire garder le silence, je ne donnerai pas d’explications. »

 

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article