105 ans, 90 ans à la CGT, et autant à vélo

Publié le par Laute Alain

Robert Marchand, monsieur vélo

Robert Marchand, monsieur vélo

Robert Marchand, toujours en selle

et bien dans son siècle…

Frédéric Sugnot Mercredi, 4 Janvier, 2017 L'Humanité

À 105 ans, Robert Marchand affole les compteurs de la physiologie et de la performance. Sur la piste du Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, il tente aujourd’hui un nouveau « record » de l’heure.

Ancien négociant en vin, Robert Marchand est comme les grands crus, il se bonifie avec l’âge… À 105 ans, il va donc tenter, ce mercredi sur la piste du Vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, d’établir le record de l’heure de sa catégorie d’âge. Il y a trois ans sur cette même piste, il avait eu le temps de pédaler pendant 26,927 kilomètres l’espace de soixante minutes, record de l’heure dans la catégorie Masters des plus de 100 ans. Un exercice qui l’avait fait connaître le 17 février 2012 à Aigle, en Suisse, où quelques mois après avoir dépassé la barre des 100 ans – il est né le 26 novembre 1911 à Amiens –, il avait parcouru 24,251 kilomètres dans l’heure.

Aujourd’hui sur le circuit des Mondiaux sur piste de 2015 , il devrait se situer autour de la barre des 25 kilomètres. « Ça ne va pas aussi bien qu’il y a deux ans, si j’étais aussi bien je serais un phénomène. Mais je ne suis pas un phénomène », plaisante le doyen des licenciés du club de l’Ardéchoise.

« Il n’a pas peur de tenter des choses »

La médecine a pourtant prouvé qu’il avance quasiment à rebours du temps. Suivi depuis ses 100 ans à Évry, dans l’Essonne, par le laboratoire de l’unité de biologie intégrative des adaptations à l’exercice (Ubiae), dirigé par la physiologiste Véronique Billat, Robert Marchand affole en effet les compteurs en dehors des vélodromes. Ainsi, si en 2012 les indicateurs physiologiques estimaient que le tout jeune centenaire avait les capacités physiologiques d’un homme de 50 ans, un an plus tard, il rajeunissait de cinq ans…

Car Robert Marchand est peut-être petit – 1, 50 m —, il est aussi costaud : « Sa surface corporelle est petite mais il a un cœur qui pulse autant de sang à la minute que celui de quelqu’un de plus grand. Son corps est super irrigué », détaille Véronique Billat. Et d’ajouter, sur un plan plus psychologique : « Il a une forte détermination, il ne doute pas, il n’a pas peur de tenter des choses. » Sûrement le fruit du mantra qu’il aime à répéter aux visiteurs de son appartement de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, où il vit entouré de son home-trainer et de sa monture de route : « Il faut neuf mois pour arriver au monde, mais trente secondes suffisent pour claquer ! » Trente secondes ne suffiraient pas en revanche pour résumer la vie de bourlingueur du bonhomme, « toujours la valise à la main » : garçon de ferme « au cul des vaches » dans l’Allier au moment de la Première Guerre mondiale, pompier de Paris, agriculteur dans sa Picardie natale, champion de France de gymnastique, spécialiste de la « pyramide », chauffeur de poids lourd au Venezuela, maraîcher… Une vie qui traverse l’histoire, comme celle qu’il dévore dans les encyclopédies historiques dont il affectionne la lecture. Avec toujours chevillé à son mètre cinquante l’envie de lutter sur tous les terrains. Sportif, mais également syndical.

En novembre dernier, Robert Marchand a reçu la médaille d’honneur de la CGT pour ses 90 ans de syndicalisme. « La plus belle que j’ai jamais eue », a-t-il dit, fier de savoir rouler aussi en solidaire…

 

Publié dans Société

Commenter cet article