Avec deux fers au feu le PCF espère quoi?

Publié le par Laute Alain

Législatives 2017 :

Le PCF, deux fers au feu, à l'ancienne

Par Alain Laute - Insoumis dans l'Orne.

Ayant été un membre très actif du PCF de 1970 à 1992, puis très proche « collaborateur » auprès de mes amis communistes jusqu'en 2008, j'ai été un témoin privilégié des atermoiements des dirigeants nationaux et parfois locaux. Cependant je ferai toujours une distinction nette entre ces derniers et les militants, celles et ceux qui ont tout donné pour le mieux vivre des salariés dans notre Pays et au-delà dans les luttes parfois très dures et l'internationalisme qui les animent encore aujourd'hui, je vous le confirme.

Je revendique cette appartenance, je ne renie rien de ce qui fait partie intégrante de plus belles années de ma vie.

Pour autant nous sommes en 2017 et la situation dans notre pays s'est pas mal dégradée. Merci Sarkozy, merci Hollande, Valls, El Khomri, Macron etc.

Ainsi le PS et Hollande ont tourné le dos à tous les engagements qui les ont fait élire en 2012. Cela n'a pas empêché le PCF de poursuivre ses compromissions avec le PS pour les élections successives depuis la Présidentielle. Malgré les trahisons du PS, les responsables du PCF ont continué à développer un certain nombre d'alliances que je qualifie de « contre nature » avec le PS et aussi EELV dont on a vu les revirements pour obtenir des postes dans le gouvernement Valls.

L'érosion constante de la représentation nationale du PCF depuis le début des années 80 n'est pas le fait du hasard ou des coups de boutoirs portés par ses nombreux adversaires politiques. C'est plus profond que cela. La conception des luttes et des objectifs, la vision du monde, l'évolution complexe de la société et des gens qui la constituent ont complètement échappé à une analyse critique du PCF, qui n'a que très peu modifié, adapté ses modes de fonctionnement à cause de ses sacro-saint dogmes. Il est resté trop longtemps enfermé dans ses certitudes au point d'être complètement isolé par son aveuglement. Les militants avaient une autre vision, mais ils n'ont pas été entendus, centralisme oblige.

L'épisode que nous vivons est du même tonneau.

Pourquoi cette attitude des dirigeants du PC ? Pierre Laurent souhaite que les dirigeants se prononcent pour le soutien à Jean-Luc Mélenchon, les cadres se prononcent contre. Les militants, à une faible majorité de 53 % décident de soutenir JLM2017 et de se rallier aux insoumis sans pour autant que cela les conduise à abandonner leur propre vision de situation et de leurs propositions pour en sortir.

Toutefois, constatant que les ex alliés de « feu » le Front de Gauche étaient encore dans les négociations entre eux, à l'ancienne, Mélenchon est parti en campagne très tôt pour précisément éviter de se compromettre dans cette mascarade des primaires.

Aujourd'hui Pierre Laurent s'embrouille en exposant des considérations qui flattent l’ego de ses camarades. Je peux comprendre que dans le cadre d'un réel débat ouvert et franc il doit y avoir des compromis de part et d'autre. Mais là, dans le cas présent de quels compromis s'agit-il ?

Ce que je vois c'est un PCF qui veut laisser toutes les portes grandes ouvertes.

Notre analyse de la situation et les propositions contenues dans le programme « l'Avenir en commun » ne souffrent d'aucun compromis avec les politiques menées par le PS et ses alliés, pas plus que des stratégies de collaboration avec des forces politiques qui tordent le cou aux acquis sociaux et à nos droits. Les places à l'Assemblée Nationale ne peuvent s'acquérir à ce prix.

Si seulement le PCF voulait s'écarter de toutes ces pratiques il serait plus clair et pourrait en tirer le bénéfice qu'il semble rechercher par ailleurs. On ne peut pas en permanence avoir deux fers au feu. Ce n'est plus à l'ordre du jour, tout simplement parce que les alliances d'hier n'ont plus cours aujourd'hui. Être une variable d'ajustement n'est pas une ambition.

Alors cette tentative ultime de préserver des alliances contre nature est un baroud d'honneur très risqué car peut-être le dernier pour le PC, comme pour le PS qui n'a même pas pu organiser ses primaires en faisant référence au mot « socialiste », il a choisi une autre voix depuis longtemps ? « La belle alliance populaire » ne fait que confirmer ses abandons et les désastres qui les accompagnent comme partout en Europe.

Enfin, un dernier avis qui se révélera peut-être une hypothèse tangible. Je crois que Pierre Laurent attend le résultat de la primaire « B .A.P. » pour se déterminer.

Premier point, La date de la rencontre avec « Les Insoumis » n'est pas due au hasard. Second point, si Valls l'emporte, ce qui me paraît peu probable depuis longtemps, Pierre Laurent se rapprochera de Mélenchon, et dernier point, si c'est Hamon ou Montebourg il traînera des pieds pour préserver ce qu'il croit être son avenir.

Pour autant rien n'est perdu, la campagne est engagée depuis un bon moment et le nombre des candidats potentiellement éligibles va se réduire , donnant plus de lisibilité à notre ambition de rassemblement avec les gens autour d'un programme sans compromission, « l'Avenir en commun ».

Alain Laute

Insoumis de l'Orne

 

 

 

Publié dans Politique

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on râle encore 18/01/2017 16:31

je partage entièrement ton analyse .marre de cette stratégie éculée de vouloir a tout pris garder des strapontins , on y est perdant a tous les coups , et la base cocos ou autres en a marre de ces atermoiements