Disparition de F. Chérèque, CFDT

Publié le par Laute Alain

François Chérèque

François Chérèque

François Chérèque, ancien secrétaire général de la CFDT, est décédé

Lundi, 2 Janvier, 2017 Humanite.fr, avec afp

François Chérèque, ancien secrétaire général de la CFDT, est décédé lundi à l'âge de 60 ans, "à la suite d'une longue maladie", ont annoncé un proche de la famille et la centrale syndicale.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a estimé lundi que le syndicalisme français perdait "une grande figure" avec le décès de son prédécesseur François Chérèque, qui a fait de la lutte syndicale "un engagement personnel", selon lui. "La CFDT perd une grande figure, le syndicalisme français perd une grande figure qui a fait de la lutte syndicale un engagement personnel", a-t-il dit à l'AFP, très ému. "J'espère que tout le monde reconnaîtra son engagement. Je ressens un grand sentiment d'injustice, car il est parti trop tôt", a ajouté M. Berger, qui a succédé à M. Chérèque à la tête de la centrale fin 2012.

Né le 1er juin 1956 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), François Chérèque a dirigé le deuxième syndicat français entre 2002 et 2012. Il avait suspendu ses activités en septembre 2015 pour suivre un traitement de chimiothérapie et quitté ses fonctions à la tête de Haut commissaire à l'engagement civique en juin 2016 pour "raisons de santé".

Celui qui se disait "réformiste mais impatient" - le titre de son livre publié en 2005 -, a été souvent critiqué pour sa "volonté de signer". Il avait plongé la CFDT dans une longue crise interne en validant la réforme des retraites en 2003, entraînant un départ massif d'adhérents vers d'autres syndicats.

François Chérèque a longtemps été éducateur spécialisé au centre hospitalier de Digne (Alpes-de-Haute-Provence). Son père, Jacques, ancien métallo, fut secrétaire général adjoint de la CFDT (1979-1984) et ministre délégué à l'Aménagement du territoire et aux reconversions sous le gouvernement Rocard (1988-1991). François, qui a eu deux fils, s'est fait un prénom en gravissant peu à peu les échelons de la CFDT. En 1996, il devient secrétaire général de la fédération Santé Sociaux, la plus importante du syndicat. Candidat à la succession de Nicole Notat, il est élu à la tête de la CFDT en mai 2002, au lendemain du revers électoral de la gauche. Alors inconnu du grand public, il mettra plusieurs années à conquérir l'appareil, allant sans cesse au contact des militants sur le terrain. Ses interventions médiatiques sont souvent l'occasion de coups de sang. L'ex-deuxième ligne de rugby ne mâche pas ses mots quand il accuse Nicolas Sarkozy de "démagogie populiste" lorsque ce dernier s'en prend aux syndicats pendant la campagne présidentielle de 2012.

En passant la main à son dauphin Laurent Berger en novembre 2012, le tempétueux syndicaliste rejoint l'Inspection générale des affaires sociales et est chargé du suivi du plan gouvernemental sur la pauvreté. Au même moment, il prend aussi la présidence de Terra Nova, centre de réflexion proche du PS.

 

Publié dans Société

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