Les Pays Arabes répondent à Trump

Publié le par Laute Alain

Décret Trump sur l’immigration, les pays du Moyen-Orient réagissent

Salomé Parent, le 30/01/2017 La Croix

 

À la suite de la signature du décret de Donald Trump interdisant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays à majorité musulmane, les pays visés ont immédiatement réagi.

De l’indignation à la menace de réciprocité, le décret pourrait avoir de nombreuses conséquences.

L’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Vendredi 27 janvier, Donald Trump a signé un décret anti-immigration. Parmi les mesures annoncées, l’interdiction d’entrer sur le territoire américain pendant 90 jours pour les ressortissants de ces sept pays. À peine rendu public, le traité a provoqué de nombreuses réactions.

Appliquer le principe de réciprocité

En Iran, le message est clair : le pays « appliquera la réciprocité tant que ces restrictions insultantes n’auront pas été levées » a annoncé samedi 28 janvier le ministère des affaires étrangères.

Selon Milad Jokar, analyste spécialiste de l’Iran et du Moyen-Orient, associé à l’IPSE (Institut de prospective et sécurité en Europe), la réaction du gouvernement iranien est à prendre dans un contexte particulier, celui des élections présidentielles organisées le 19 mai 2017. « L’Iran était accoutumé jusqu’ici à une vision des États-Unis classiquement contre le gouvernement »

Souvent critiqué par les plus conservateurs comme trop enclin au dialogue avec les États-Unis, le président iranien Hassan Rohani aura voulu marquer clairement son indignation face à l’annonce de Donald Trump.

Dimanche 29 janvier, l’ambassadeur suisse à Téhéran – le pays représente les intérêts américains sur le territoire –, Giulio Haas, s’est vu remettre une protestation écrite à destination des États-Unis. Malgré cette tentative de communication, le risque d’escalade des tensions entre les deux pays semble bien présent.

Les représentants de la Ligue arabe se sont dits « profondément choqués »

Autre pays directement visé par le décret, l’Irak. Le ministre des affaires étrangères irakien a appelé ce lundi les États-Unis à revenir sur cette décision, la qualifiant « d’erronée ». Pour Hosham Dawod, chercheur au CNRS, anthropologue et spécialiste de l’Irak, la décision du nouveau président américain échappe à toute analyse cohérente.

mais pour le peuple. Mais cette fois ce sont bien les Iraniens eux-mêmes qui se trouvent directement touchés », explique-t-il.

Les conséquences du décret seraient lointaines pour le peuple, néanmoins fortement touché dans son orgueil. « Les États-Unis ont envahi le pays, maintenant ils interdisent aux Irakiens de venir sur leur territoire », remarque Hosham Dawod, selon lequel l’idéologie offensive de Donald Trump risque d’accentuer encore les risques d’attentats.

Parmi les autres opposants au traité, dimanche 29 janvier, les représentants de la Ligue arabe se sont dits « profondément choqués ». Ils ont dénoncé plus particulièrement le critère religieux mis en avant par l’administration américaine.

L’ONU a elle aussi officiellement dénoncé le traité, le qualifiant d’« illégal » et de « méchant ».

À l’heure où les réactions d’indignations se multiplient à travers le monde, la mise en place de ce traité risque d’exacerber des tensions déjà bien présentes.

 

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