Le "dégagisme" est une nécessité !

Publié le par Laute Alain

Quel avenir à gauche ?

 

Étant l'inconditionnel de personne et encore moins de mes amis, je reste ouvert à tous ceux qui peuvent de près ou de loin apporter du positif dans la reconstruction d'une gauche « hors parti ». Utopie oui, mais pourquoi pas ?

Que souhaitent les gens de gauche en 2017 si ce n'est de placer au pouvoir une force de gauche qui ne les trahira pas encore. Pour cela ils refusent que ce soient les mêmes qui se présentent à leurs suffrages, ceux repeint aux couleurs d'un pseudo changement qu'ils prétendent incarner.

Alors dans ces conditions qui des Macrons, Hamon, Jadot et Mélenchon est le mieux placé pour remplir cette mission ? A y regarder de près et sans une once d'hésitation, j'affirme que le Macron n'est pas frais et qu'il peut poursuivre sa nage en eaux troubles avec ses amis du Medef, de la haute finance et du CAC40.

Par contre, bien qu'ils soient, à mon humble avis, dans l'erreur pour la présidentielle de 2017, je crois à la sincérité de Jadot et Hamon quand ils disent vouloir redonner le pouvoir au peuple et pratiquer une politique de gauche, une politique écologique, une politique sociale, reniant du même coup et d'un seul élan leur engagement précédent auprès de François Hollande, de Valls, El Kohmri et Macron et de leur politique sociale-libérale qui fait tant de mal aux salariés, aux retraités dont les pensions sont bloqués depuis quatre ans, aux jeunes qui galèrent, étudiants et chômeurs, aux femmes et aux dix millions de pauvres qui n'en peuvent plus de « vivre » comme ça. Admettons que tout le monde ait droit à l'erreur même à ce niveau de responsabilité.

Cependant malgré toute ma bonne volonté, je n'entend pas dans leurs propos s'exprimer une volonté réelle de rupture, celle que le corps électoral de gauche attend. J’entends des formules de replâtrage du système existant, des mesures parfois intéressantes mais totalement déconnectées d'un programme cohérent puisqu'il n'existe pas encore, qui traiterait de toute la société, pour toute la société. Hélas ! Hélas ! Hélas ! Ce vide sera comblé vers la mi-mars, c'est-à-dire très tard pour ne pas dire trop tard.

Par ailleurs concernant leurs projets Européen tout reste à faire puisque l'un comme l'autre souhaitent béatement faire entendre leurs désaccords à Bruxelles mais en aucun cas sortir des traités rejetés par une majorité de françaises et français. Ils ne veulent pas remettre en cause la suprématie de l'Allemagne qui elle, veut du TAFTA et du CETA. Un comble quand on prétend vouloir redonner le pouvoir et la parole au peuple.

Que sera notre avenir si Hamon était élu ? Rien que d'y penser je frémis par avance. Je frémis parce que ce serait la reconduction pure et simple du système en faillite. Un manque d'ambition sociale caractérisé bien loin des promesses, encore une fois.

Jean-Luc Mélenchon et le mouvement la France Insoumise ont semblé être plus convaincant pour la base du PCF que des cadres de ce Parti malgré l'appel de Pierre Laurent à soutenir la candidature de JLM2017. Le dernier intewiew de Laurent dans la revue Politis démontre qu'il se rapproche assez des positionnements électoralistes de Hamon et Jadot, ce qui n'est pas pour me rassurer sur la sincérité du soutien à Mélenchon et du résultat de ces tergiversations sur le peuple de gauche.

Des alliances et des compromissions pour se partager des sièges à l'A.N. ne peuvent que favoriser les ambitions de la famille Le Pen en lui donnant raison et en apportant de l'eau à son moulin. Il faut une rupture franche, sans ambiguïté, avec les vieilles alliances et les arrangements de Partis que le PCF entretient malgré vents et marrées à l'instar de Paris.

Le seul programme acceptable, recommandable et défendable face à tous les prétendants de gauche, est bien celui que Jean-Luc Mélenchon et les 245 000 insoumis qui le soutiennent présentent à l'électorat de gauche en toute transparence.

A mon sens le rassemblement le plus constructif ne peut se réaliser qu'autour de la France Insoumise, de son candidat et du programme « l'Avenir en commun ». Ce programme construit pendant des mois avec des citoyens comme vous et moi, avec la collaboration d'experts pas forcément « mélenchonnistes » est d'un très haut niveau de cohérence. Aucun commentateur ne le conteste à l'exception des pseudos économistes et de quelques commentateurs affublés du titre de journalistes qui contestent les propositions de financement de notre programme.

Prochainement Mélenchon organise une journée de travail pour décortiquer le projet économique. Ils n'auront qu'à prendre des notes et se mettre au travail. Nos experts en valent bien d'autres, les nôtres ne donnent de leçons à personne, ils expliquent, font de la pédagogie de masse ce qui n'est pas donné à tout le monde, confrontent les points de vue, intègrent les contigences extérieurs.

Hamon et Jadot n'ont pas de programme de gauche de ce niveau, mais « l'esprit de Parti » est encore là, bien présent, pesant, dogmatique. Le PC de son côté doit mener la campagne qu'il nous à promis pour faire gagner le candidat qu'il a choisi. J’attends toujours !

La vraie gauche peut gagner le 23 Avril au soir en éliminant l'extrême droite et la droite extrême des Républicains. La condition c'est le rassemblement autour de J-L Mélenchon et pas de Hamon et du vieux PS mitterrandien.

Le rassemblement « hors Partis » doit se réaliser autour de La France Insoumise. Cela ne signifie en rien que tout est à prendre ou à laisser dans notre programme. Cependant ce n'est pas « l'auberge espagnole » où chacun apporte sa propre gamelle. Il faut discuter sur ce qui sera le plus bénéfique au Pays et à notre peuple, ce qui implique de ne plus faire confiance à la classe politique qui a dirigé le pays au moins depuis 10 ans et à toutes ses combines.

Il serait inconcevable qu'un accord nous impose encore la présence des, EL Khomri, Valls et de tous les trublions du PS qui viennent de nous plonger dans l'austérité, le chômage, la misère alors qu'ils ont favorisé les plus riches, le Medef avec 45 milliards d'euros par an de cadeaux et zéro emploi à la clé. Ne serait-ce que cela, c'est insupportable, nous n'accepterons jamais un tel accord. Hamon ne veut pas s'en faire imposer par qui que ce soit, alors qu'il prouve sa volonté d'en sortire en demandant immédiatement à son groupe à l'A. N. d'abroger la « loi Travail », c'est simple et ce serait un signe palpable de sa volonté réelle de faire une vraie politique de gauche.

Le dégagisme n'est ni une posture ni une mode, c'est une nécessité.

Par Alain Laute, le 14 Février 2017

 

 

 

Publié dans Politique

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Annie 14/02/2017 12:51

Complètement d'accord ! Il faut bien que quelque chose nous rapproche, n'est-ce pas ?