Théo ça fait trop !

Publié le par Laute Alain

Théo ou l'américanisation de la Police Nationale.

Il y a des années que je remets en cause la qualité du recrutement et de la formation des policiers, le signe le plus révélateur pour ce qui me concerne, c'est l'influence des thèses d'extrême droite et du FN en particulier que l'on retrouve dans le taux de syndicalisation des policiers à la FPIP, syndicat d'extrême droite autorisé par l’État. Pour les autres syndicats il est évident que les brebis galeuses participent à la rupture avec la société civile et les jeunes en priorité. J'ai pu vérifier sur le terrain comme syndicaliste la violence de ces gens là, à mon égard, mais surtout pour les camarades immigrés, « ces chiens qui viennent manger le pain des français, baiser nos femmes et prendre nos emplois, » etc.

Assiste-t-on à une forme d'américanisation de la Police National, qui conduit des policiers à se comporter comme des fachos, comme les collabos de la Police de Vichy, certains d'entre eux ayant poursuivi leurs exactions pendant la guerre d'Algérie.

Américanisation parce que les sanctions à l'encontre des violents se font très rares. Pourtant certains d'entre eux ont provoqués la mort de dizaine de citoyens depuis des années.

L'épuration dans la Police que les gouvernements d'après guerre ont voulu nous vendre était-elle aussi profonde qu'ils nous l'on dit. Quelles preuves avons nous que ce travail fondamentale à été conduit à son terme et surtout par qui ?

Il faut remonter à cette époque en ce posant la question, quel était le contenu de la formation, qui était chargé de la formation des formateurs, qui étaient les formateurs ?

L'héritage ne semble-t-il pas bien lourd pour en arriver à ces comportements là. Bien sur, tous les policiers ne sont pas comme cela, heureusement. Des exemples récents nous ont démontrés, prouvés l'engagement républicain des policiers, victimes du terrorisme ou de voyous sans cervelle.

Par contre les manifestations répétées de ces derniers mois sur l'espace public m'interroge vraiment, je ne partage pas du tout ce que certains semblent banaliser. Le devoir de réserve est une règle que chaque fonctionnaire se doit de respecter au risque de sanction dont la plus grave est la révocation.

Personnellement je n'ai entendu qui recadre ces fonctionnaires, bien au contraire, les deux derniers ministres de l'intérieur les ont entendus, compris et de ce fait ont remis eux-mêmes en cause le principe du devoir de réserve et quand je dis « devoir » je devrais dire « obligation ».

Les revendications étaient peut-être recevables, apparemment elles concernent leurs conditions de travail, mais n'assiste-t-on pas là à l'émergence du haut d'un iceberg qui cache les vraies raisons de l'étendue et de la durée de cette colère. Les policiers municipaux de leur côté ne font-ils ps le forcing pour être tous armés ?

La réponse ne s'appellerait-elle pas Théo ? Pousser à l'extrême le droit de faire n'importe quoi sans craindre de punition.

J'ai relevé sur le site officielle du « ministère de l'intérieur » les éléments suivants.

« L'ETAT FRANCAIS (1941).

Pour asseoir son autorité, le gouvernement du maréchal Pétain pratique une épuration massive des cadres (plus de 50% des préfets et des commissaires sont révoqués) et une réforme profonde des structures de police : la police nationale est créée et dirigée par un secrétaire général pour la police, chef d'une direction générale de la police nationale.

Par la loi du 23 avril 1941, la police nationale est instituée dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants, et dans les communes plus petites désignées par arrêté du ministre de l'Intérieur. Paris conserve son statut particulier.

La police nationale s'organise au niveau régional, où un préfet est chargé de la police, assisté d'un intendant de police et des services régionaux de police. Chaque département comprend un district de police, dirigé par un commissaire chef de district, subdivisé en circonscriptions de police dirigées par un commissaire central ou un commissaire de police selon l'importance.

Un statut de la fonction publique policière est élaboré.

Il prévoit le recrutement par concours pour le plus grand nombre, et sur titres pour certaines fonctions. Les carrières sont gérées par le ministre de l'Intérieur pour les cadres supérieurs, le préfet pour les autres. L'avancement se fait au choix.

La formation professionnelle est organisée à l'échelon national avec l'ouverture de l'école nationale de police de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or.

Tous les personnels des polices municipales sont intégrés dans la nouvelle police nationale.

VERS UNE POLICE D'ETAT (1944).

A la Libération, l'ordonnance du 16 novembre 1944 rétablit la direction générale de la sûreté nationale. Rattachée au ministère de l'intérieur, elle comprend quatre grandes directions actives : police judiciaire, sécurité publique, renseignements généraux et surveillance du territoire, ainsi que des directions administratives : personnel et administration, matériel, étrangers.

Au sein de la direction de la sécurité publique, une sous-direction des compagnies républicaines de sécurité est créée, qui sera érigée en réserve générale de la police nationale après les grands mouvements de grève de 1947.

Le principe est conservé d'une police d’État dans les villes de plus de 10 000 habitants.La préfecture de police de Paris, dont les personnels sont qualifiés " d'homologues " de ceux de la sûreté nationale, ne relève pas de cette nouvelle direction générale.

Quelques réformes interviennent ensuite :

  • en 1954, les inspecteurs de police sont renommés " officiers de police " ;
    - en 1961, le service central de coopération international est fondé dans le but de former les polices des pays de l'Afrique francophone. »

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Vous constaterez comme moi la discrétion du texte sur les noms des responsables, sur les mutations qui se sont opérées en terme de contenu des formations ainsi que l'épuration qui devrait figurer en bonne place dans ce texte.

J'ai trouvé d'autre part une enquête très poussée sur la période de l'épuration. Rédigée par jean-Marc Berlière, qui s'intitule « l'épuration de la Police Parisienne 1944 – 1945. »

Vous pouvez prendre connaissance du contenu de la page 66 de cette étude sur internet. Cela ne dit cependant pas l'incidence que cette « épuration » a pu avoir sur les futurs recrutements et le contenu de leur formation.

Comme je ne suis ni chercheur, ni journaliste d'investigation, je me contente de traduire l'image que me renvoient les violences policières depuis les années 50, ainsi que les interrogations qu'elles suscitent, que ce soit contre les mineurs du Nord en passant par les brutalités répétées contre les grévistes et manifestants dans les années 70 et là je témoigne en connaissance de cause. Dernièrement l'assassinat de Rémi Fraisse avait réveillé de biens dramatiques souvenirs comme celui entre autre de l'assassinat de Malik Oussékine.

Ne serait-il pas temps que l'État se penche sur la qualité des recrutements dans la Police Nationale comme il le fait pour l'armée de métier, bien que tout ne soit pas parfait.

En admettant que tout aille pour le mieux dans le merveilleux monde de l'appareil du maintien de l'ordre, alors qu'est-ce qui fait que trop de policiers dérapent dans l'exercice de leur métier, même si tous n'enfoncent pas systématiquement leur matraque entre les fesses de ceux qu'ils interpellent. En attendant il y a trop de blessés et de morts.

C'est une vraie question. Une mise à plat de toute la chaîne n'est-elle pas devenue nécessaire à tous les niveaux de la hiérarchie parce qu'en fin de compte on ne parle que des lampistes, mais on oublie un peu trop facilement ceux qui les recrutent, les encadrent et qui sont chargés de leur éducation.

Alain Laute, le 20 février 2017.

 

 

 

Publié dans Politique

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