La belle alliance Le Pen et Poutine

Publié le par Laute Alain

Marine Le Pen affiche son amitié avec Vladimir Poutine (et vice-versa)

À un mois du scrutin, l’entrevue accordée par le président russe à la candidate de l’extrême droite s’apparente bel et bien à un coup de pouce électoral.

arine Le Pen tient la photo après laquelle elle courait depuis quelques années. Reçue pour la première fois au Kremlin par Vladimir Poutine vendredi 24 mars, la chef de file de l'extrême droite a pris un café avec le président russe. Selon Ludovic de Danne, un conseiller de Mme Le Pen qui l'accompagnait, l'entretien a duré une heure et trente minutes. Ce déplacement de la candidate, qui n’avait pas été annoncé dans son agenda, est le quatrième de Mme Le Pen en Russie depuis 2013.

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Selon les agences de presse russes, Vladimir Poutine a tenu à assurer que « la Russie n'interfèrera pas dans l'élection ». « Nous ne voulons en aucun cas avoir de l'influence sur les événements à venir, mais nous nous réservons le droit de communiquer avec les représentants de toutes les forces politiques du pays, comme le font nos partenaires européens ou des États-Unis », a déclaré le président russe. Quoiqu’il s’en défende, cette rencontre surprise interfère bien dans l’élection.

D’abord parce qu’il est exceptionnel que Vladimir Poutine reçoive un candidat à une élection présidentielle à une date aussi rapprochée du scrutin.

Ensuite parce qu’en recevant la candidate du Front national à un mois du premier tour pour échanger sur la situation internationale et le terrorisme, et en laissant dire qu’elle « représente un spectre politique européen qui se développe assez rapidement », Vladimir Poutine lui permet de s’afficher aux côtés du chef d’État d’une grande puissance et de parfaire ainsi sa stature sur la scène internationale. Jusqu'ici, Marine Le Pen n'avait rencontré que le président libanais Michel Aoun, le 20 février, et celui du Tchad, Idriss Déby, le 21 mars. Le 12 janvier, elle avait été vue à New York, prenant un café dans la Trump Tower, mais n’avait pas rencontré le nouveau président des États-Unis.

Marine Le Pen à Moscou. C’est qui maintenant les « moscoutaires » ?

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a rencontré mardi 26 mai le président de la Douma lors d'une visite discrète à Moscou, sans accès à la presse.

Au siècle précédent, la droite extrême avait forgé un mot pour désigner les communistes. En raison de leurs liens avec le régime soviétique et de leur propension à suivre inconditionnellement ses directives politiques, ils étaient « les moscoutaires ». Une expression péjorative et stigmatisante qu’affectionnaient encore, jusqu’à la chute du Mur, Le Pen père et les polémistes rescapés des fourgons de la milice, du PPF ou du RNP, qui noircissaient les colonnes de la presse frontiste.

Les vents de l’histoire ont tourné. Et si le mot est tombé en désuétude, il pourrait aisément resservir pour qualifier l’incroyable attrait exercé par le régime de Vladimir Poutine sur l’extrême droite française, et singulièrement le Front national. Une relation payante, comme l’a abondamment montré Mediapart .

Pour son troisième voyage à Moscou en deux ans , Marine Le Pen, qui a été vue se promenant sur la place Rouge avant de se rendre à la Douma, l’a joué discrète. Le programme de sa visite n'a pas été rendu public. Mais les services de la chambre basse du Parlement avaient annoncé qu'elle serait reçue par Sergueï Narychkine, le président de la Douma, qui figure sur la liste des personnes sanctionnées par l'Union européenne en raison de la crise ukrainienne.

Les médias russes et étrangers, qui avaient d'abord été conviés à cette rencontre, se sont vu notifier au dernier moment que celle-ci se déroulerait sans accès à la presse et que sa retransmission en direct à la télévision russe était annulée. Le service de presse du FN a affirmé ne pas être informé du programme de Mme Le Pen ou de ses entretiens dans la capitale russe.

Après les entretiens, M. Narychkine a félicité Mme Le Pen pour le score du FN aux élections départementales de mars, affirmant que le parti d'extrême droite symbolisait « le temps et l'esprit de la France moderne » , saluant « une structure stable et durable » et « l'une des principales forces politiques en Europe » , selon un communiqué diffusé par la Douma.

La présidente du Front National s'était déjà rendue à Moscou en juin 2013 et en avril 2014. A chaque fois, elle avait été reçue par M. Narychkine, un proche de Vladimir Poutine. Auprès de lui, l’an dernier, quelques semaines après l'annexion de la Crimée par la Russie, elle avait soutenu la proposition russe d'une fédéralisation de l'Ukraine tout en dénonçant les sanctions européennes.

En octobre 2014, Jean-Marie Le Pen, avait également visité la capitale russe et vanté l'annexion de la Crimée, selon lui
« province russe » depuis toujours. En décembre 2012, Marion Maréchal-Le Pen avait aussi fait son voyage de Moscou.

Ce n'est plus un Front national mais le Front russe...

 

Publié dans Politique

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